Biographie d’Emile Soki Dianzenza

Emile Soki Dianzenza Née à Kinshasa le 14 décembre 1954, chanteur et auteur-compositeur. Il est considéré comme Michael Jackson de la musique congolaise, un adolescent, qui a été propulsé sur le devant de la scène musicale.

Agé de 15 ans, Emile, vient de participer à un festival organisé par le chanteur Madiata en 1969 en interprétant une chanson dédiée à l’unité africaine et dont, par le plus grand bonheur, il remporte la palme. Ce trophée suscite en lui une vocation. Il est considéré par certains mélomanes comme le futur Rochereau. Très vite, il bénéficiera de l’encadrement des orchestres MIREDO et BELLA BELLA des éditions « La musette » avec des virtuoses comme Johnny Roger, Jean bosco Mbayabu et autres Barly. Ses premières chansons au studio font un tabac; partout on fredonne Luta, baboti bapekisi, Ngonga ebeti … En moins d’une année on se rend compte qu’il n’est pas seulement bon chanteur mais aussi grand compositeur et devient de ce fait la coqueluche de tous les jeunes de l’époque. On ne jure que par son nom, je me rappelle encore des « Polos salés » qu’il avait arborés lors d’un concert à Apollo Bar un samedi. Le lundi ils étaient introuvables dans les rayons que les gens ont commencé à en fabriquer eux-mêmes à la maison.

Max Vangu Soki son grand frère l’encourage et les éditeurs de la place commencent à s’y intéresser. On se le dispute. La magie a opéré et le succès est au rendez-vous ! Ils montent un groupe de fortune et commence à donner des concerts en matinée. Puis, ils négocient pour jouer en lever de rideau de Négro-succès.

Malheureusement un conflit oppose les deux intellos de l’orchestre et le groupe se scinde en deux. Les guitaristes montent l’orchestre SUPER BELLA BELLA tandis que Maxime SOKI s’en va avec le nom de BELLA BELLA. Comme un enfant sur un croisement, Emile Soki choisira d’abord d’enregistrer la chanson « Elimo santo » de JB Mbayabu accompagné au chant par Willy Clem qu’on appellera plus tard TEDIA à l’authenticité.Il quittera ce groupe par la pointe des pieds car Johnny Roger avait rejoint Kwamy Munsi pour un voyage à l’étranger et c’est Mongo Ley qui le remplacera à la guitare solo.

Découvert par Bavon Marie Marie, Maxime Soki rejoint le Négro-succès jusqu’à la mort de Bavon.

Sur demande de la famille, il va incorporer le groupe de son frère aux éditions VEVE et exige que l’orchestre soit appellé BELLA BELLA des Frères SOKI.Dans ce nouvel orchestre on pouvait reconnaître des guitaristes de talent comme Ricos Kinzunga, Dino vangu, Pierre Bissikita, Zeus Kayembe et autres Emmany Shaba mais également un chanteur ténor en la personne de Nyboma Danos Canta. Sa voix se marie tellement bien à celles des frères Soki que le public est emballé par des tubes comme Mandendeli ou Lina du prince Dianzenza.

Se sachant leader incontestable de l’orchestre, caprice de star oblige,  Emile Soki n’en fera qu’à sa tête. Il commencera à sécher les répétitions, puis à se présenter en retard aux concerts. Puis un jour vers la fin de l’année 1971, ce qui devait arriver arriva. Son grand frère qui jusque-là acceptait ses caprices va le priver du micro pour indiscipline chez Rolly bar devant un public médusé. Sa chanson fétiche de l’époque « Baiser ya Litama » est interprétée par lui-même Max Soki à la satisfaction générale. Se sentant lésé et humilié, il se décidera le lendemain de claquer la porte de Bella Bella et d’aller monter son propre groupe qu’il dénommera BELLA MAMBO. Il bénéficiera du concours de Dino Vangu, Vata Mombassa,Nkurayum,MP chéri, Benazo, Babalou, Makiona et autres Papy Tex Matolu. En peu de temps l’orchestre devient une menace sérieuse pour l’orchestre resté chez Verckys car des chansons comme Tongo etani, chérie Nyota ou Mutambula mpimpa sont sur toutes les lèvres.

Le succès est donc au rendez-vous et le prince Soki Dianzenza tient tête à son grand frère qui pour le remplacer fera appel à Pépé Kallé. Alors qu’Emile se prépare de plus belle, on apprend qu’un différend oppose Soki Vangu à son éditeur Verckys. Ce dernier va d’ailleurs le virer de l’orchestre, heureusement comme à son habitude il emmène dans ses valises le nom de BELLA BELLA.

De nouveau un conseil de famille se tient pour venir à la rescousse du grand frère. Le Prince Soki Dianzenza sera contraint d’abandonner la mort dans l’âme son BELLA MAMBO chéri pour faire à nouveau équipe avec son frère Soki Vangu. Les musiciens de Bella Mambo vont d’ailleurs s’allier à Pépé Ndombe pour donner naissance à l’orchestre MAKINA LOKA. De leur côté les frères SOKI vont faire appel au savoir-faire de Dizzy Mandjeku, aidé en cela par Emmany Shaba et Lafir Pongi Mananga sans oublier Mick Wutukayani à la batterie.

Les premières chansons de l’orchestre enregistrées chez Bokelo comme Nzambe mokonzi, musoso, Silako, Longola ngai soni…ont l’aval du public et font déjà vaciller l’orchestre Lipua-Lipua de l’écurie VEVE. Dans la foulée l’orchestre complète son recrutement par l’engagement du soliste Julien Mboma, du chanteur Willy Tedia et des saxophonistes Muteba Celio et Massa Visi sans oublier Lipili à la tumba.

Comme à son habitude Emile Soki prend les choses en mains et lance sur marché des chansons à succès comme Tikela ngai mobali, Nganga, Menga, Kamavasthy…L’orchestre domine à nouveau tous les orchestres du style ou de l’école Bella Bella et l’orchestre est même sacré meilleur orchestre de l’année 1974. Cependant majorité des chansons à succès portent la signature de Soki Dianzenza mais en fin des comptes c’est Max Soki Vangu qui en tirent bénéfice.

En 1975 Emile décide alors qu’il y ait séparation des pouvoirs: les éditions « Allez y frères Soki » pour lui et les éditions « Bella Bella » pour le grand frère mais la transparence n’est toujours pas au rendez-vous. Comme pour réparer ses torts Soki vangu ira jusqu’à acheter une Renault jaune pour son frère mais celui-ci déclinera cette offre, la jugeant insuffisante et décide de suspendre ses productions avec l’orchestre. On vendra cette voiture et on lui remettra la contrevaleur en zaïres monnaie  mais il exigera plus. C’est ainsi qu’avec les réservistes de l’orchestre à savoir Maze, Sebos, Yangayanga et autres il va improviser un voyage dans le Bandundu. C’est au cours de ce périple qu’il va faire la connaissance de son jeune frère Kanda Bongo Man.

A son retour à Kinshasa, il annonce la création de l’orchestre BELLA MAMBO RENOVE qui très vite va captiver l’attention du public avec des chansons comme Kalanda, Mobembo, Mazina pour ne citer que ceux-là. Comme la chèvre de monsieur Seguin, Emile Soki ne voit pas qu’il court un danger en s’entourant des gens sans scrupules comme les Milano Nzoyi et consorts. Il va donc sombrer dans la drogue et n’étant pas solide mentalement il va errer çà et là à végéter ou à vivoter. Tout le monde sent qu’il a perdu la tête mais personne ne vient à son secours. Tabu Ley essaie de le récupérer mais il se heurte au refus catégorique de la famille. Pour se venger de Max, il débauchera d’ailleurs de Bella Bella : Diasi, Lafir et Shaba.


En 1979, Ils caracolent sur le hit-parade durant cinq ans. Les caprices du petit refont surface : ils se séparent encore, chacun évolue dans son coin. Auparavant en 1977, Maxime apporte son soutien à Papa Wemba pour lancer son groupe Viva La Musica en mettant en sa disposition un matériel pimpant neuf de musique et sortant son 1er disque « Maman Wali ».

En 1987, Emile tombe malade et on apprendra sa mort le 4 mai 1990, au pays et comme s’ils étaient liés par le sort, le grand frère va le rejoindre deux semaines plus tard à l’étranger ou il s’était installé en France puis en Allemagne.

A 25 ans, la voix la plus exubérante de la musique congolaise avait déjà rangé son micro. En 1985 la famille tentera tant bien que mal de le remettre sur les rails après une désintoxication, mais rien n’y fait car il fera une rechute. L’histoire retiendra qu’Il se révèle être une des plus grandes voix de notre musique car il a su dominer sur toute sa génération bourrée des talents aussi bien par son leadership que par ses compositions exceptionnelles.

Emile Soki était notre Mozart à nous tant son génie était insondable et inimaginable.

ADEI TOKO et JEAN-PIERRE EALE IKABE

One thought on “Biographie d’Emile Soki Dianzenza

  1. Une seule erreur que que j’ai remarqué le titre de 1er. disque de vivant la musica,Ebale mbonge ,et non maman wali.
    Jean Chimed.

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