Biographie de Gérard Kazembe

Il est  l’un des  quelques génies incontestables qu’ai donné la musique pop au Congo. Il débute sa carrière musicale dans le JECOKAT (jeunesse congolaise du Katanga), une troupe musicale et théâtrale fondée en 1954 par Maurice Alhadeff, un grand mécène juif, qui a propulsé avec brio plusieurs artistes congolais sur le devant de la scène.

La nouvelle musique Rock s’invente des règles, Gérard Kazembe s’en révèle vite, au chant et à la danse, le plus grand acteur. Un timbre de voix admirable, une tessiture d’une grande étendue.

En 1960, Gérard Kazembe réunit les moyens nécessaires   pour faire cavalier seul, car c’est dans des contextes jazziques qu’il donne le meilleur de son swing, et le plus sensuel de son art. D’où la création de son groupe « Ouififi ». Gérard Kazembe s’affirme plus que jamais comme l’un des chanteurs les plus accompli dans toutes les musiques occidentales. Il a ensuite l’occasion d’intégrer en 1962 dans son groupe « Wisifi », le jeune saxophoniste Verckys Kiamuangana, qu’il a bien encadré, avant de faire  partie de  l’OK Jazz en 1963.

Servi par une prise de son exceptionnelle, et par un beau repertoire de variétés internationales et congolaises, le groupe « Ouififi » se passe désormais pour le groupe de cabaret le plus remarquable. Outre les productions dans différents cabarets,  Gérard Kazembe s’approprie surtout le célèbre night club « La Perruche bleue » au point de devenir le coin incontournable des kinois mondains.

De Kinshasa à Brazzaville

En 1964, l’importance de Gérard Kazembe dans la pratique du Rock, Pop…est devenue fondamentale, et les plus grands lui doivent beaucoup. C’est dans ce contexte qu’il accepte d’aller porter main forte à Brazzaville, à la création le 1er Juin 1964 de l’orchestre Los Batchitcha,  en compagnie des musiciens comme Sam Mangwana, Théo Bitsikou, Lambion, Auguste Fall, Michel Akouala, Dicky Baroza, Victor Tona, Vickys Sponta , Sillys, Bogoo…. , mais pas pour longtemps, car en 1965, Gérard Kazembe rejoint Kin Malébo.

De retour à Kinshasa, Gérard Kazembe, n’a pas du mal à reprendre son activité. Son chant est de plus en plus délicat, flexible et nuancé, son swing insinuant, sa technique vocale d’une étendue remarquable, toutes ses qualités ont fait de lui une grande vedette, aussi bien sur les scènes de cinéma que dans les cabarets de Kinshasa. « Jambo  Jambo » est la nouvelle appellation  de son groupe.

Ensuite, après s’être approprié une autre salle de concert : Le Ciné Albertun, il met  au point, une série des concerts en matinée et en week-end, entre 14 h – 18 h. époque pendant laquelle, il avait véritablement conquis les jeunes adeptes des rythmes afro-américains. Il est rejoint en 1974 par le chanteur brazzavillois Bitsikou Théo, son ancien collègue de Los Batchitcha. C’est avec intérêt que Bitsikou va vivre les péripéties de la révolution pop du groupe Jambo Jambo, jusqu’en 1981 année de son retour à Brazza.

Un recueil des pièces discographiques exceptionnelles

Compositeur talentueux, et adeptes de mélodies subtiles, le chanteur Kazembe a fait un parcours instructif à travers une bonne partie de sa carrière, notamment par la sortie de plusieurs titres à succès sur le label African, dans la série « L’Afrique danse »  1971. Notons pour les plus écoutés les titres en anglais et en français comme : « Only you », « Wigth is wigth », « The great pretender », « Lipate ya bolingo », « Basantu ba témoin », « Yo motema », « Nsele paradis ya Congo »…..

Un rocker, un vrai.

Gérard Kazembe qui n’est plus de ce monde depuis le 23 Octobre 1987, a traversé toute la période 60-70, en se créant une réputation d’excellent technicien du rock. il a éprouvé une grande passion pour les variétés outre-Atlantique et aussi bien pour la rumba congolaise. Il compte avec Gérard Madiata,  Bovick Shamar, parmi les meilleurs adaptateurs de ces deux styles dans la musique congolaise.

Clément Ossinondé

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