Biographie de Lokombe Nkalulu Baend’Afe, dit seigneur

Né le 21/09/1942 à Boliko (Bongandanga) Province de l’équateur, fils de ANTOINE LOKOMBE et de BIKELA EMILIE CATHERINE. Il débute ses études primaires à BIKORO chez les frères des écoles chrétiennes, pour les terminer au groupe scolaire de Mbandaka, et pousuivre ses humanités techniques à l’ETPOC (école technique et professionnelle officielle congréganiste de Coquilhatville (Mbandaka ) où il décroche un diplôme en mécanique générale et automobile qui lui permet de se faire embaucher comme laborantin au laboratoire de TPAT Mbandaka.   Né Caille Lokombe. Il devient Lokombe Nkalulu Baend’Afe avec le changement de nom imposé par la deuxième république. Le grand public le découvre dans les années 70 au sein de l’orchestre Les Grands Maquisards aux côtés de Ntesa Nzitani, Kiese Diambu et Diana. Lokombe est  l’une des meilleures voix de notre musique moderne. Il a brillé au sein de Grands Maquisards de glorieuse mémoire. A l’époque, cet orchestre était tout feux toutes flammes avec les chansons telles « Tokosenga na Nzambe», «Delya», «Mado», «Obotama mobali ndima pasi», «Jarrya», «Essesse», « Biki», « Maria Mboka» pour ne pas tout citer. Et c’était la belle époque. Ceux qui l’ont vécu peuvent bien le témoigner.


SA CARRIERE MUSICALE
Ses débuts au chant, se passent à l’école, où pendant l’absence de l’instituteur, il passait devant sur l’estrade et fredonnait quelques chansons à la grande satisfaction de ses collègues de classe qui pour le féliciter lui remettaient quelques pièces de monnaie. En 1961, encore étudiant, contacté par son jeune frère et cadet Dizzy Mandjeku ,qu’il connait depuis 1957,il intègre l’orchestre AFRO-SUCCES de Mbandaka avec Maurice Mandjeku (frère ainé de Dizzy) Bourjoli, Bofasa Charles (Bochard futur ministre),Bokeli Alias Kelly, Bruno Lihau,(jeune frère de Lihau futur ministre).C’est avec ce groupe qu’il va composer ses premières chansons, avec à l’époque des instruments rudimentaires fabriqués par eux-mêmes (boites de conserves) En 1963, à la fin de ses études à l’ETPOC, pour commencer sa vie d’adulte, ses parents lui remettent une importante somme d’argent. Avec cet argent le futur seigneur LOKOMBE, alors Camille tente de se lancer dans le monde des affaires.

Il quitte Mbandaka à bord d’un bateau ITB pour Léopoldville ( Kinshasa) avec un lot important des marchandises achetées à Mbandaka pour revendre à Léopoldville (Kinshasa),C’est à Kin qu’il va vite déchanter et comprendre qu’il n’était pas fait pour être homme d’affaires. Après avoir dilapidé tout son capital ,Il rentre à Coqhlatville ( Mbandaka ) bredouille où l’attendait son destin. De nouveau, il rencontre son jeune et inséparable frère Dizzy Mandjeku qui en son absence avait tout arrangé pour qu’il intègre l’orchestre EQUA JAZZ, qui, à l’époque était le plus grand orchestre de Mbandaka, dans lequel évoluaient les Molongia, (futur général des forces armées Zairoises) Bokely et autres. Ce dimanche-là de juillet 1963, EQUA JAZZ se produit en matinée à « La pelouse bar » Dizzy le présente au chef d’orchestre, un certain Erigué. Car en son absence Dizzy avait déjà tout préparé et jusqu’à même répéter avec le groupe, toutes ses chansons dont l’une était déjà populaire. C’est avec ce orchestre que le jeune CAMILE monte pour la premier devant un grand public sous les acclamations du public, et c’est le grand départ .Malgré son intégration dans EQUA JAZZ, lui et son fidèle ami Dizzy Mandjeku continuent entre temps à répéter avec leur propre orchestre AFRO SUCCES.

En 1964 Dizzy qui entre temps était parti à Kinshasa, revient à MBDK. Léon Engulu Baanga Mpongo, président provincial et grand mélomane de la bonne musique (lui-même guitariste), ayant entendu les échos du jeune orchestre AFFRO JAZZ, fait appel à leurs service pour agrémenter une soirée à la résidence du ministre YANGA YANGARD.A la fin de la soirée le président ENGULU, épaté par la prestation du jeune groupe, offre une guitare acoustique à Dizzy MANDJEKU. En cette même année 1964, un ami du groupe, nommé PEEPO, fils du propriétaire et tenancier de «BOKO BAR» à Mbandaka 1 , avait un équipement de musique auquel manquait des guitares. Pour avoir des guitares, Lokombe qui est alors président du groupe contacte Bernard Nkoyi qui lui aussi a des guitares et estt président d’un autre orchestre. Alors il décident ensemble de fusionner les deux orchestres pour n’en faire qu’un seul qu’ils baptisent « CITY ROCk » avec Bernard Nkoy vice-président, Lokombe, ,Bofasa Bochard ,Bruno Lihau et J.Paul Isimba au chant,Peepo aux tumbas, Dizzy Mandjeku solo, Mauro Mandjeku (le frère ainé de Dizzy) rythmique. Le jeune Lokombe qui parallèlement à la musique continue ses études, les termine et est engagé au TP AT Mbandaka comme laborantin.
En 1966 Lokombe est muté à Kinshasa et se sépare de son inséparable ami Dizzy Mandjeku qui,lui part poursuivre ses études universitaires à Bukavu (PREU).


En 1967,il retrouve son inseparable Dizzy qui descend lui aussi a Kinshasa pour poursuivre ses études de médecine à l’université LOVANIUM. Avec Dizzy il remonte le groupe CITY ROCK à Bosenge 68 dans la commune de Ngiri ngiri avec, Tino Mwinka, Ngeleka, Franck Nkodia et les autres.Au cour de la même année,1967, un grand frère du quartier proche de Kitima bin Ramazani alors ministre du travail et de la prévoyance sociale,découvre le jeune orchestre et en parle au ministre Kitima qu’il invite à une séance de répétition. A l’issue de la séance de repetition, le ministre Kitima invite le groupe chez lui à BON MARCHE le 31/12/1967,à la fin de la soirée le ministre Kitima très content de la prestation du groupe ,commande un équipement de musique en Belgique pour l’ochestre « CITY ROCK » et remet à chacun une importante somme d’argent. Pour la première fois le jeune Lokombe, goute au fruit de son travail. Le lundi 22 juillet 1968,alors qu’ils attendaient l’équipement en provenance de Bruxelles qui tardait à arriver, revenant du port Onatra, juste devant chez lui ,une voiture klaxonne, il se retourne et qui il voit là ,encore et toujours son inseparable ami et frère Dizzy Mandjeku en compagnie de Guvano Vangu et de Johnny Bokossa .Etonné de voir Dizzy en cette compagnie. Il finit quand même de discuter avec eux et se fixent rendez le lendemain.Mardi 23 juillet comme convenu, les mêmes d’hier reviennent pour le chercher à bord de la même voiture d’hier.Quelque metres plus loin ,il croisent Sam Mangwana et lui font signe que c’était ok. Ensemble ils arrivent « chez BIBIANE BAR » où répéte « LE FESTIVAL DES MAQUISARDS » qui vient d’être créé il y a quelques jours, composé en grande partie des musiciens qui viennent de quitter l’African Fiesta de Rochereau et le « VOX AFRICA de Bombenga, et qui sont à la recherche d’une voix dans le timbre de Rochereau. Le groupe qui vient de sortir ses premières chansons (Assana et autres), avait besoin d’un chanteur au timbre un peu spécial, dans la lignée de Rochereau. Comme toujours, c’est encore Dizzy qui leur avait parlé de son grand frère et ami au timbre vocal de Rochereau.

Apres un test réussi avec brio, où il interprète l’une de ses chansons que Dizzy avait déjà répété avec le groupe. Le Samedi 27 juillet 1968, »CHEZ ENGELS BAR » d’un certain Denis ILONSONE,Plein à craquer, c’est sa première sortie avec son nouveau groupe « LE FESTIVAL DES MAQUISARDS ». Il interprète « EGALE MT» de Michelino et sa propre chanson « MWANA IRENE ».A la fin de cette intervention,accompangé par Sam Mangwana , Pascal (le petit frère de Sam) et Ntesa Danlienst au chant, Guvano Vangu guitare solo, Michelino Mavatiku guitare rythmique Dizzy Mandjeku guitare mi-solo, Bonkosa Johnny à la basse, Jean Nzenze à la tropmette, Baramy Nkutuazowa à la trompette, Makirimbia Ignace à la tumba, Duclos à la batterie ,Germain aux maracasses, Kongi Gerard au saxo, Jeaan-Marie Makutukala au saxo ténor, Lokombe est applaudi par ses compères musiciens et le public mais aussi les « NGEMBO » venus nombreux assister à ce grand évènement qui avait fait la une de la presse Kinoise, et qui lui a valu le surnom de Seigneur comme son idole Rochereau.

En juillet 1969,le FESTIVAL des Maquisards se disloque,Sam Mangwana et Guivano sont ecartés du groupe apres un concert à la fikin,suite à des problemes megestion financiere,LOKOMBE reste aux cotés de Ntesa,Dizzy et les autres restent dans le Festival des Maquisatds aile originale et son rejoint par Kiese ,Diana et Depuissant En octobre 1969, LOKOMBE et toute l’aile de Festival de maquisards originale, sur décision du patron du Groupe DENIS ILONSONE, partent pour MBUJI MAYI pour préparer un nouveau répertoire en vue d’une sortie avec la nouvelle équipe toujours sous l’appellation FESTIVAL des Maquisards. En novembre de la même année, alors que le groupe se trouve toujours à Mbuji Mayi ,LOKOMBE Ntesa Guivano et les autres apprennent l’arrestation de leur patron DENIS ILONSONE. Et l’équipement musical mis à leur disposition par le Boss DENIS ILONSONE, est saisi par l’auditorat militaire de Mbuji Mayi et c’est la débandade. Mais il finit par regagner Kinshasa à bord d’un avion de la MIBA sur ordre du gouverneur NDEBO. Et les autres musiciens finiront tous, chacun à leur tour par regagner. Une fois à Kinshasa, LOKOMBE, DIZZY, NTESA et les autres, décident sur proposition de LOKOMBE de Changer le nom de l’orchestre afin d’éviter toute confusion avec l’autre aile de Guivano et Sam Mangwana. DALIENST NTESA va voir son ami Verckys ,qui met à leur disposition un nouvel équipement de musique et c’est la naissance de l’orchestre « LES GRANDS MAQUISARDS »Avec au chant :LOKOMBE,NTESA,KIESSE ,DIANA et LOULOU. Dave Makondele (rythmique),DIZZY MANDJEKU (guitare solo),KALAMBAYI (guitare mi-solo),Mageda (guitare solo), Nkodia (basse ) Michel Sax Yuma (saxo ),Maubert (trompette )Jean Marie Kabongo (trompette ) DOMSIS (Tumba ) Taby Tambu (drum).

En 1974, en compagnie de Dizzy Mandjeku et les autres musiciens des grands maquisards, ils quittent Ntesa Dalienst et créent l’orchestre KOSSA KOSSA sous le patronage de Miezi EBOMA
En 1981, Il intègre le TP OK Jazz du Grand maitre LUAMBO MAKIADI Franco .A la mort de Francoen 1989, il reste dans le TP OK jazz jusqu’en 1995où suite à une mésentente avec les héritiers de Luambo Makiadi , il quitte le l’OK Jazz avec les Simaro Lutumba, Ndome ,Josky, Diatho et les autres pour créer les BANA OK.

A la fin du mois de janvier 1993, il fait parti de tous les transfuges du TP OK Jazz qui sont allés créer l’orchestre Bana Ok sous la présidence de Lutumba Simaro. On  reconnaitra sa voix  dans les chansons telles que «Cabinet Molili», «Bel agneau», « MT Imongo», «Omo Bienvenu»… Dans le TP OK Jazz, dans le Bana OK tout comme dans les autres formations musicales que Lokombe a montées en Europe avec des collègues, son talent de chanteur et auteur-compositeur est demeuré intact, inépuisable et sa voix ne s’est jamais usée. Lokombe est toujours demeuré Seigneur Lokombe et égal à lui-même. Dalienst n’avait-il pas raison de déclarer que «Lokombe andimi césar ekotoboka… kaka  po tobongisa lingomba oyo ebunga».

Depuis 2002, Lokombe s’est établi en Belgique où il évolue au sein du groupe congolais OK International et dans un autre orchestre multiracial flamand.

Je vais terminer ce récit en rappelant aux Mbokatiers que Lokombe est l’auteur du vocable « Deuxième bureau» contenu dans une de ses chansons avec les Grands Maquisards. Ce vocable a été unanimement adopté d’abord  par tous les Congolais, ensuite les Africains et par-delà le continent pour désigner les maîtresses ou les concubines.

Zéphyrin Kirika Nkumu Assana

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.