Biographie de Mbuta Mashakado, Dieudonné Samuel Mpoyo Nzolantima

Né le 10 mars 1952 Mbuta Mashakado, Dieudonné Samuel Mpoyo Nzolantima de son vrai nom, a embrassé la carrière musicale en 1969 au sein de l’orchestre Zaïko Langa-Langa comme chanteur pop. Cela après des études à l’Athénée de Kalina (Gombe), à l’Athénée de Saint Jean à Lingwala, à Mbanza-­Ngungu et à Nkamba dans le Bas-Congo.

Bon danseur et chorégraphe au sein du groupe, il fut poussé à prendre le micro en 1974 dans la musique dite typique aux côtés de Jossart Nyoka Longo, Bimi Ombale, Likinga Redo et autres Lengi-Lenga.
Cela à la suite du départ des chanteurs Papa Wemba, Evoloko Jocker, Mavuela Somo et Bozi Boziana partis créer l’orchestre Isifi Lokole. «Yaya Brown » comme l’appelaient ses admirateurs s’est à cette époque signalé avec la chanson « Belly Mashakado » qui fut un tube.

I -LE SHOW MAN Dieudonné NZOLA NTIMA

Le grand public le connait par nom « MBUTA MASHAKADO, surtout à travers la Pop Music dont il était le véritable Show man au cours des premières années de ZAIKO. On se souvient de sa prestation à des mémorables Show concerts au cours desquels il s’appliquait avec succès à faire une musique proche de celle d’Otis REDDING ou de celle de James BROWN dont il reproduisait fidèlement et avec fouge toutes les acrobaties de danse.

Il a osé, il l’a gagné ce pari parfaitement intense de se positionner en grande vedette au cours de la première partie de tous les concerts. Sur une tessiture invraisemblable, il swingue comme une section rythmique, et scatte comme un possédé.

II- CARACTERES PREMIERS DU CHANT ZAIKO

A cette époque (1970 à 1975) le « Tout choc ZAIKO Langa Langa » fort de la pléiade de ses chanteurs de premier plan, s’étant engagé de les repartir en trois divisions décroissantes, qui se valaient chacune dans son rôle.

1)- La division 03 était assurée par le show man MBUTA MASHACADO qui à lui seul communique à travers son chant et ses acrobatie de la pop music une émotion profonde, sans jamais sacrifier à aucun effet vocal. Son rôle de l’ouverture de rideau, sans atteindre la virtuosité d’Otis REDDING ou de James BROWN, ses idoles, mais on peu voir en lui ses héritiers dans le talent qu’il déploie à faire vivre le texte le plus anodin. Athlète de ses pieds, Mbuta MASCHAKADO est une sorte d’énorme danseur rock échappé dans l’avant-garde. Sept ans avant l’avènement de Michael JACKSON, il patinait déjà à reculons dans le genre « Moonwalker »

2)- La division 02 est représentée par NYOKA LONGO « Jossart »,  BIMI OMBALE et Pene KIKUMBA. Première réaction du public un profond abasourdissement devant tant de maîtrise et  de virtuosité dans les voix. Ensuite un réveil soudain et on abat les idoles avant de leur laisser le temps de murir.

3)- La division 01, celle de la synthèse de tous les aspects de l’art du groupe à travers l’accompagnement de la danse « Choquez » et avant sa période éclectique, est solidement assurée par EVOLOKO « Lay Lay », EFONGE, LAFANZA « Gina wa Gina, Jules WEMBADIO et Simon MAVUELA. C’est la division des poètes tendres et paumés qui chantent les nostalgies de la jeunesse et des amours perdues, les jeunes filles, avec l’humour du désespoir et la lucidité de l’intelligence. Certes la part la plus populaire et

la plus festive est celle qui intervient au moment où l’ambiance est son comble et au cours d’un répertoire exceptionnel, qui engage tous les acteurs de toutes les divisions confondues sur un tempo d’enfer.

III- L’EVOLUTION DE MBUTA MASHACADO

Décembre 1974, l’orchestre ZAIKO enregistre la toute première défection de ses membres. Ils sont : Jules SHUNGU WEMBADIO « Papa Wemba » MAVUELA SOMO, BOZI BOZIANA et EVOLOKO « Lay Lay » (chant) pour former l’orchestre ISIFI LOKOLE avec entre autres musiciens Chora MUKOKO, Ada MUWANGISSA (guitare), Djo MALI (basse), BIKO (drums) Otis KOYONGONDA (lokole)

Si la relève dans ZAIKO est immédiatement assurée par des jeunes recrues, cependant MBUTA MASHAKADO doit pouvoir désormais se familiariser avec la chanson et le rythme typique « Choquez ». Il a dans son approche du changement intervenu, une étonnante réussite dans la variété rythmique et vocale. Il est très apprécié du collectif pour la facilité avec laquelle il s’est dégagé de l’influence écrasante de la Pop Music. Il s’exprime désormais dans un style tout particulier. Il tient d’ailleurs une part de sa célébrité à son grand talent de danseur.

 

En Mars 1976, MBUTA MASHAKADO quitte le ZAIKO « Langa Langa » au sommet de sa gloire, pour intégrer l’orchestre YOKA LOKOLE. Il fait désormais partie de l’attaque chant surnommé « The Fania All stars » pour sa virtuosité typique de la nouvelle génération des chanteurs dont WEMBADIO « Papa Wemba », MAVUELA SOMO  et BOZI BOZIANA collectionnent les grands succès.

1976, SHUNGU WEMBADIO est l’objet d’une plainte judiciaire pour laquelle il écope plusieurs mois de tôle. Après son acquittement en Décembre 1976, il est irrecevable par le collectif de YOKA LOKOLE a la tête duquel se trouve MAVUELA SOMO. C’est précisément au cours d’un concert au bar « 1-2-3 »  à Kinshasa que MBUTA MSHAKADO se passera pour le véritable tombeur de WEMBA, par un renvoi en public on ne peu plus dégradant, un acte qui est demeuré anecdotise. Pendant longtemps deux versions YOKA LOKOLE vont existées séparément : Yoka Lokole aile MAVUELA et Yoka Lokole, aile  SHUNGU, avant d’opter en Février 1977, par l’appellation VIVA LA MUSICA.

Entre temps, en Janvier 1977, MBUTA MASHAKADO est retenu par TABU LEY pour faire partie de l’orchestre national du ZAIRE qui a pris part du 15 Janvier au 12 février au II° Festival mondial des arts nègres de Lagos (Nigéria).

Au retour de l’orchestre National à Kinshasa, MBUTA MASHAKADO est exclu de YOKA LOKOLE par MAVUELA SOMO. Ceci étant,  MBUTA MASHAKADO s’impose un jour de lui-même au cours d’un concert de ZAIKO pour y faire désormais partie. D’ailleurs à ce sujet, une anecdote se raconte toujours de la façon dont il s’était présenté : Il monte sur scène et lance le cri ci-après et avec arrogance  « Nazongi  na canaille kaka » (je reviens de mon propre gré sans de compte à rendre) En dépit du geste, ZAIKO en avait effectivement besoin.

Trois ans après, le chanteur se rendit à Caen, en France, où il évolua un court moment avec l’orchestre « Mandinga ». La même année 1981 jusqu’en 1986, Mashakado suspendit sa carrière musicale pour suivre une formation en Froid et Electricité à l’étranger.
Rentré au pays, il créa sa propre entreprise dénommée Froidet. Mbuta Mashakado fut appelé en 1987 à rejoindre Zaïko Familia Dei qu’il quitta deux ans après pour tenter une carrière en solo.

Depuis, fort longtemps, MBUTA MASHAKADO, a tiré un trait sur la carrière musicale pour évoluer dans une entreprise productive de son frère ainé DISPLANMAT, Agence Conseil en publicité.

MBUTA MASHACADO a prouvé a qui voulait bien l’écouter, son génie vocal, ses pieds de danse son humour, et une vertu mélancolique qui faisait de ce monsieur une espèce bizarre de grand Show man.

En 1992, le chanteur se rendit en Suisse puis, en France dans le cadre de cette carrière en solo. C’est à cette époque qu’il décida de rompre avec la musque. Il alla prester ses services dans la société Label Print où il gravit les échelons pour occuper la fonction d’Administrateur Directeur Technique jusqu’à sa mort.
Ayant reçu l’appel de Dieu. Dieudonné Samuel s’était totalement converti et avait, depuis, consacré sa vie à servir l’Eternel à sa manière, cela après avoir suivi des enseignements pour cela. Engagé dans la politique, Mbuta Mashakado exerçait jusqu’à sa mort les fonctions de président de l’Interfédérale de Kinshasa au MPCR, le parti de Jean-Claude Vuemba.
Ses proches retiennent de Dieudonné Samuel Mpoyo Nzolantima le souvenir d’un homme équilibré, simple et modeste, d’un fervent chrétien.
Avant sa mort, Mbuta avait tenu à offrir son pardon à tous ceux qui, de loin ou de près, ont eu à l’offenser dans sa vie et a sollicité également l’indulgence et la magnanimité de toutes les personnes que, de son vivant, il aurait eu à outrager. Le défunt laisse une longue progéniture, dont l’aîné est Maître Patrick Mpoyo Nzolantima.

Avant sa mort, Mbuta avait tenu à offrir son pardon à tous ceux qui, de loin ou de près, ont eu à l’offenser dans sa vie et a sollicité également l’indulgence et la magnanimité de toutes les personnes que, de son vivant, il aurait eu à outrager.

Il est décédé le 22 juin 2011 à Johannesburg

Avec Clément OSSINONDE

 

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