‎Le survêtement Nike de Maduro se vend bien : quand une image politique fait exploser le marché


L’image a choqué le monde, mais elle fait aujourd’hui vendre. Celle de Nicolás Maduro, président vénézuélien capturé par les forces américaines, menotté et vêtu d’un survêtement Nike gris clair, est devenue bien plus qu’un symbole politique. En quelques jours, cette tenue s’est transformée en produit star, prisé sur les marchés internationaux et les plateformes de vente en ligne.


Une tenue devenue objet de consommation mondiale

‎Depuis la diffusion de la photo par l’ancien président américain Donald Trump, les recherches liées au survêtement Nike Tech Fleece ont fortement augmenté. Sur Internet comme dans certains circuits de revente, le modèle porté par Nicolás Maduro connaît des ruptures de stock. Le coloris gris clair, rebaptisé sur les réseaux sociaux « Maduro Grey », attire une clientèle bien au-delà du public habituel du streetwear.

‎Ce phénomène illustre la rapidité avec laquelle une image politique peut influencer les comportements de consommation, y compris en Afrique, où les marques internationales bénéficient déjà d’une forte visibilité auprès des jeunes.

‎L’ironie d’un symbole américain

‎La scène ne manque pas d’ironie. Nicolás Maduro s’est toujours présenté comme un adversaire résolu de l’impérialisme américain et du capitalisme occidental. Pourtant, l’image qui accompagne sa chute le montre habillé par Nike, l’un des plus puissants symboles de la culture commerciale des États-Unis.

‎Cette contradiction renforce la portée du cliché. Elle rappelle que les marques mondiales ont largement dépassé les frontières idéologiques et politiques, au point de s’imposer même dans les récits de contestation qu’elles sont censées incarner.

‎Nike, gagnant économique inattendu

‎Sans communication officielle ni campagne publicitaire, Nike bénéficie d’une exposition mondiale gratuite. Pour les spécialistes du marketing, il s’agit d’un cas d’école : la viralité d’une image crée le désir, le désir entraîne la rareté, et la rareté stimule l’achat

‎Sur les réseaux sociaux, certains consommateurs vont jusqu’à présenter le survêtement comme un signe de défi ou de résistance symbolique, détachant totalement le produit de son contexte politique initial.

‎Une leçon pour les médias et les économies africaines

‎Pour la République démocratique du Congo et d’autres pays africains, cet épisode rappelle le pouvoir économique des images et des récits viraux. À l’heure du numérique, un événement géopolitique peut influencer les marchés, les tendances vestimentaires et les habitudes de consommation à l’échelle mondiale.

‎Il pose aussi la question de la capacité des économies africaines à créer et valoriser leurs propres marques, capables de transformer un symbole en opportunité économique locale, plutôt que de voir ces dynamiques profiter exclusivement aux multinationales étrangères.

‎Quand le symbole prend le dessus sur l’essentiel

‎Pendant que le survêtement Nike se vend bien, les débats sur la légalité de l’intervention américaine au Venezuela et les conséquences humaines et politiques de cette opération restent relégués au second plan. L’affaire illustre une réalité de plus en plus marquée : dans l’économie de l’attention, l’image et le produit finissent souvent par éclipser la gravité des enjeux politiques.

‎Splendide Nsamba

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