Le climat est électrique au sein de la Société Congolaise des Droits d’Auteur (SOCODA). Reçu ce vendredi 17 avril par la journaliste Aïcha Okoko, le Président du Conseil d’Administration (PCA) Blaise Bula est sorti de sa réserve. Entre mise au point juridique et défense de son honneur, l’artiste a tenu à répondre aux accusations portées par Nyoka Longo lors de sa dernière sortie médiatique.
L’origine du conflit : Une affaire de mandats
Pour Blaise Bula, la racine du problème est claire : le respect des textes. Il rappelle que Nyoka Longo a épuisé ses deux mandats à la tête de la SOCODA entre 2015 et 2021.
« Mon exclusion n’est que la conséquence de mon opposition à une tentative de prolongement pour un troisième mandat, pourtant interdit par nos statuts », a-t-il martelé.
L’artiste a également exprimé sa profonde déception face aux attaques personnelles ayant visé sa famille restreinte, une ligne rouge franchie par son aîné qu’il a jugé nécessaire de dénoncer publiquement.
Clarification sur BNVW : « Consultant n’est pas concurrent »
L’un des points majeurs de la discorde concerne la création de l’entreprise **BNVW** (*Business Negotiation Vision World SARL*). Accusé de conflit d’intérêt, Blaise Bula a apporté un démenti formel :
Nature de l’entreprise : BNVW opère dans le secteur des Industries Créatives et Culturelles (ICC) en tant que cabinet de conseil.
Contrat d’État :Il s’agit d’un contrat signé directement avec la République démocratique du Congo.
Confusion sémantique : Bula dénonce une mauvaise interprétation volontaire. BNVW n’est pas une coopérative de gestion de droits d’auteur concurrente à la SOCODA, mais une structure d’accompagnement.
Il a par ailleurs rappelé que son éviction passée, aux côtés d’autres figures comme Verckys Kiamuangana ou Papa Socrate, avait été annulée par une assemblée générale qui les avait réintégrés, menant à son élection actuelle en tant que PCA.
Un bicéphalisme « hors-la-loi »
Interrogé sur la crise de leadership qui paralyse l’institution, Blaise Bula a déploré une situation de bicéphalisme qu’il juge illégale.
Échec de la médiation : Malgré l’appel à l’unité lancé par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, une rencontre au sommet entre Bula et Nyoka Longo n’a pas permis d’aboutir à un consensus.
Légitimité :Blaise Bula réaffirme qu’il demeure le seul PCA officiellement reconnu par l’État congolais, suite à l’assemblée générale du 9 février 2023.
Absence de preuves :Il a balayé d’un revers de main les accusations de détournement et de vol, soulignant qu’aucune preuve n’a jamais été rapportée à ce jour.
Un appel au calme pour l’avenir des artistes
En conclusion de cet entretien, Blaise Bula a troqué l’armure de défense pour un message d’apaisement. S’il reste ferme sur sa légitimité, il invite l’ensemble des sociétaires à l’unité et au calme.
Son objectif affiché reste le même depuis 2011 : faire en sorte que la paix règne dans le secteur culturel pour que chaque artiste congolais puisse enfin vivre dignement du fruit de ses droits.
La rédaction