Kinshasa, le 20 juin 2026 – On ne construit pas l’avenir d’une nation sur l’amnésie collective. C’est le message central qui a traversé la conférence-séminaire d’A.GO.RA au CEPAS. Pour le Coordonnateur Faustin Mpako, la réconciliation nationale commence par un effort de lucidité historique. En revisitant la conférence de Berlin de 1884-1885, il a rappelé comment le destin du Congo s’est joué sans les Africains, sous couvert d’un discours civilisateur cynique. Un avertissement pour la génération actuelle, majoritairement jeune, qui doit tirer les leçons du passé pour ne pas céder aux divisions.
Ce devoir de mémoire s’accorde parfaitement avec la philosophie d’A.GO.RA introduite par Madame Pierrette, qui a rappelé que la structure vise à co-construire l’avenir dans la responsabilité, loin de l’oubli. L’histoire se niche aussi dans le quotidien : Madame Pierrette Gene a souligné que l’incivisme actuel à Kinshasa procède parfois d’une perte de repères historiques, transformant l’adversaire politique légitime en un « ennemi du peuple » à abattre, au détriment du bien commun.

Pour conjurer ces dérives, les autres intervenants ont invoqué des figures de continuité et de structure. Madame Iba Alda a parlé de la RDC comme d’un héritage ancestral sacré à préserver de la haine ethnique, tandis que Madame Nandy Angalikiana a insisté sur le fait que la paix se restaure à la base, notamment grâce aux femmes, gardiennes de la transmission des valeurs.

Monsieur Jacques Lugeno a apporté la caution institutionnelle à ce rappel historique en revisitant les théories de l’État pour démontrer que la souveraineté territoriale reste le bouclier ultime contre les ingérences nées de Berlin. Faustin Mpako a conclu en célébrant les gènes unitaires de la RDC à travers les événements de juin 1960 (de la poignée de main Kasavubu-Lumumba à la prestation de serment), prouvant que l’unité nationale est le socle historique du Congo.
Splendide Nsamba