La rumba, perd une voix, le gospel un serviteur: Charles Ndombasi Lassa, le garçon de Matadi devenu grand

 

Carlyto Lassa : de « Maya » à la chaire pastorale, les dernières heures d’une voix qui s’est tue à Cincinnati

La disparition de Carlyto Lassa intervient comme un brutal coup d’arrêt à une trajectoire qui aura traversé plusieurs générations de mélomanes congolais. L’ancien chanteur de la rumba, devenu pasteur et chantre gospel, est décédé lundi 31 août 2026 à Cincinnati, aux États-Unis, à l’âge de 65 ans.

Mais c’est surtout la manière dont ses dernières heures se sont déroulées qui donne à cette disparition une dimension particulière : jusqu’à la veille de sa mort, Carlyto Lassa était encore debout, chantant et prêchant devant les fidèles.

Une dernière prestation avant la disparition

Carlyto Lassa se trouvait à Cincinnati dans le cadre d’une campagne d’évangélisation organisée les 29 et 30 août par la Torrent Kerith Church, autour du thème « La Prière Délivre ».

Selon les informations rapportées par plusieurs médias, l’artiste a participé activement à ces deux journées. Une vidéo de la rencontre le montre encore dimanche en train de chanter devant les fidèles avant de prendre la parole pour prêcher.

Cette apparition constitue, à ce stade, sa dernière prestation publique connue. Quelques heures plus tard, la nouvelle de sa disparition allait provoquer une onde de choc dans les milieux musical et chrétien congolais.

De quoi Carlyto Lassa est-il mort ?

C’est l’un des points qui demeurent encore flous.

Certaines publications apparues après l’annonce de son décès évoquent une crise cardiaque. Toutefois, cette information n’a pas été confirmée de manière officielle par sa famille ou par les autorités américaines.

Actualité.cd, qui cite notamment l’annonce faite par le chanteur gospel Aimé Nkanu, précise que la cause du décès n’a pas été communiquée. D’autres médias qui ont rapporté sa disparition indiquent également que les circonstances médicales précises restent à établir.

Il convient donc, à ce stade, de parler d’un décès survenu à Cincinnati, sans présenter la crise cardiaque comme une certitude.

Était-il malade ?

Là encore, aucune information suffisamment documentée ne permet actuellement d’affirmer que Carlyto Lassa souffrait d’une maladie particulière avant son décès.

Le fait qu’il ait participé à une campagne d’évangélisation jusqu’au dimanche 30 août montre en tout cas qu’il était encore suffisamment actif pour chanter et prêcher publiquement à la veille de sa mort.

Les éventuelles informations concernant une maladie antérieure, un traitement ou une hospitalisation devront donc être confirmées par la famille ou une source médicale crédible avant d’être publiées comme des faits.

Charles Ndombasi Lassa, le garçon de Matadi devenu grande voix de la rumba

Charles Ndombasi Lassa le 15 janvier 1961, Carlyto Lassa avait commencé sa vie professionnelle loin des grandes scènes musicales. Des biographies consacrées à l’artiste indiquent qu’il exerçait notamment comme tailleur à Matadi, dans l’actuelle province du Kongo-Central, avant que sa passion pour la musique ne prenne progressivement le dessus.

Son talent vocal attire rapidement l’attention. Il est associé aux grandes figures de la musique congolaise et apparaît dans l’univers du T.P. OK Jazz, notamment dans le sillage de Lutumba Simaro, avant de rejoindre en 1983 Choc Stars, l’une des formations majeures de la scène musicale congolaise de l’époque.

Aux côtés de grandes figures telles que Bozi Boziana, Ben Nyamabo, Debaba, Defao ou Djuna Djanana, Carlyto impose une voix reconnaissable, douce et mélancolique.

« Maya », le morceau qui l’a inscrit dans la mémoire collective

Parmi les chansons qui ont contribué à sa notoriété figure « Maya », œuvre associée à Lutumba Simaro et interprétée par Carlyto Lassa.

Sa voix devient alors l’une des signatures de la rumba congolaise de cette génération. Son parcours discographique comprend également l’album solo « Africa na moto », qui contient notamment « Makolo ya Massiya ».

Au fil des années, Carlyto Lassa connaît également une période européenne, avant d’opérer un changement profond dans son existence.

De la rumba au ministère pastoral

Au début des années 2000, l’artiste prend ses distances avec la musique populaire et s’engage davantage dans le christianisme.

Cette conversion ne signifie pourtant pas la fin de la musique. Elle marque plutôt une nouvelle étape de sa carrière : Carlyto devient chantre et pasteur, mettant désormais sa voix au service du gospel et de la prédication.

Il publie notamment « La Reconnaissance » et « Confiance – Kili Kili Azongi », poursuivant ainsi une carrière musicale dans un registre désormais religieux.

Cette seconde vie artistique est importante pour comprendre le personnage : Carlyto Lassa n’était plus seulement l’interprète de « Maya » que les mélomanes avaient connu dans les années de gloire de la rumba. Il était devenu, pour de nombreux chrétiens, un homme de foi et un prédicateur.

Une disparition entre deux mondes

Carlyto Lassa s’en va ainsi après avoir traversé deux univers qui paraissaient parfois éloignés : celui des orchestres mythiques de la rumba congolaise et celui de l’Évangile.

Il aura été successivement chanteur, auteur-compositeur, interprète, puis pasteur et chantre.

Son dernier week-end à Cincinnati résume finalement cette double identité. Le samedi et le dimanche, il chantait et prêchait autour de la foi et de la prière. Le lundi, il disparaissait à l’âge de 65 ans.

La rumba congolaise perd une voix. Le gospel perd un serviteur. Et plusieurs générations de mélomanes perdent l’interprète dont le timbre avait donné une autre dimension à des chansons comme « Maya ».

Carlyto Lassa n’est plus. Mais sa voix, elle, reste dans les archives de la musique congolaise.

La rédaction

Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *