Kinshasa — Maître Dorothée Madiya est devenue, malgré elle, l’un des nouveaux visages les plus commentés sur TikTok en RDC. Depuis sa conférence de presse consacrée à l’affaire opposant Fally Ipupa à la journaliste Virginie Manganga, l’avocate fait l’objet de nombreuses publications, vidéos et commentaires critiques sur la plateforme.
Au centre des réactions : sa manière de défendre la démarche judiciaire engagée autour de Fally Ipupa, mais surtout ses propos particulièrement fermes à l’endroit des personnes qui, selon elle, s’en prendraient à l’artiste sur les réseaux sociaux.
Lors de son intervention, Me Madiya a notamment déclaré : « Que les gens ne pensent pas qu’on ne peut pas les atteindre, où que tu sois, on peut t’avoir », une déclaration rapportée par plusieurs médias.
Cette phrase, largement reprise sur les réseaux sociaux, est devenue l’un des principaux points de discussion autour de la conférence de presse.
Une avocate devenue malgré elle un personnage de TikTok
Depuis cette sortie médiatique, le nom de Dorothée Madiya circule abondamment dans les contenus consacrés à l’affaire Virginie Manganga. Certains internautes commentent son ton, d’autres discutent de sa stratégie de communication, tandis que plusieurs publications tournent en dérision certaines de ses déclarations.

La polémique dépasse ainsi progressivement le seul cadre judiciaire pour devenir un véritable phénomène médiatique.
L’avocate de Fally Ipupa voulait expliquer les raisons de la procédure engagée contre Virginie Manganga et rappeler les limites de la liberté d’expression. Mais son intervention semble avoir ouvert un autre débat : jusqu’où un avocat doit-il aller dans sa communication lorsqu’il défend une personnalité très populaire ?
La question des influenceurs à l’étranger
C’est surtout la dimension internationale évoquée par Me Madiya qui suscite des réactions.
Les avocats de Fally Ipupa ont confirmé avoir engagé des démarches dans plusieurs pays, notamment en RDC, en France et en Australie. L’artiste a constitué un consortium de cabinets afin de traiter les différents volets du dossier.
Me Madiya a ainsi voulu faire passer un message clair aux personnes qui penseraient pouvoir échapper aux poursuites simplement parce qu’elles se trouvent à l’étranger.
Juridiquement, le principe mérite toutefois d’être replacé dans son contexte : une plainte ou une démarche judiciaire ne signifie pas automatiquement qu’une personne sera arrêtée. Me Madiya elle-même a rappelé lors de sa conférence qu’un avocat ne décide pas de la culpabilité ou de l’arrestation d’une personne : ce sont les autorités judiciaires compétentes qui apprécient les faits et prennent les décisions prévues par la loi.
Virginie Manganga au cœur de la controverse
L’affaire a pris une nouvelle dimension avec l’ouverture du procès de Virginie Manganga. La journaliste est poursuivie dans le cadre de cette affaire et était détenue depuis le 20 septembre 2026, selon Radio Okapi.
Les avocats de Fally Ipupa soutiennent que la chroniqueuse a relayé, lors d’un live TikTok, des éléments concernant la vie privée de l’artiste, notamment des déclarations de Colette Mutuza et un contenu sonore présenté comme étant lié à Fally Ipupa. Ils affirment que ces éléments n’avaient pas été authentifiés.
De son côté, cette procédure soulève également un débat plus large sur la liberté de la presse, la diffamation et la responsabilité des journalistes lorsqu’ils donnent la parole à des personnes formulant de graves accusations.
Une communication qui se retourne contre elle ?
C’est précisément à ce niveau que se situe l’une des critiques adressées à Me Madiya sur TikTok.
Certains internautes estiment que la conférence de presse, destinée à clarifier le dossier et à défendre l’image de Fally Ipupa, a finalement déplacé l’attention vers l’avocate elle-même.
Au lieu de parler uniquement de l’album, de la carrière ou de la musique de Fally Ipupa, une partie des discussions en ligne se concentre désormais sur les déclarations de son conseil, particulièrement sur la volonté affichée de poursuivre ceux qui s’en prennent à l’artiste, y compris lorsqu’ils se trouvent à l’étranger.
Le phénomène est classique sur les réseaux sociaux : une déclaration destinée à produire un effet juridique ou dissuasif peut rapidement devenir un sujet de divertissement, de débat et de détournement.
Défendre Fally, mais à quel prix médiatique ?
Il faut toutefois distinguer les critiques adressées à la communication de Me Madiya de son rôle d’avocate.
Elle est parfaitement dans son rôle lorsqu’elle rappelle que la liberté d’expression et la liberté de la presse ne constituent pas une autorisation générale de diffuser des accusations non vérifiées. Elle a également insisté sur le fait qu’une plainte ne signifie pas qu’un avocat ordonne lui-même une arrestation.
Le débat porte donc moins sur son droit à défendre son client que sur la manière de communiquer autour d’une affaire judiciaire particulièrement sensible.
Et sur TikTok, cette nuance disparaît souvent derrière les extraits courts, les commentaires et les détournements.
De l’avocate de Fally Ipupa à « star malgré elle »
Quelques jours seulement après sa conférence de presse, Dorothée Madiya se retrouve ainsi propulsée au centre d’une conversation qui dépasse largement les salles d’audience.
Son nom est désormais associé à l’affaire Virginie Manganga, aux poursuites annoncées dans plusieurs pays et surtout à cette phrase devenue virale : « Où que tu sois, on peut t’avoir. »
Reste à savoir si cette exposition profitera réellement à la cause qu’elle défend ou si elle contribuera simplement à déplacer le débat.
Car pendant que la justice poursuit son travail dans l’affaire Virginie Manganga, TikTok, lui, a déjà rendu son verdict médiatique : Me Dorothée Madiya est devenue une véritable Star des réseaux sociaux… malgré elle.
Et dans cette nouvelle célébrité numérique, les critiques semblent parfois prendre autant de place que les arguments juridiques qu’elle était venue défendre.
Splendide Nsamba