Après Josky K. et Koffi O., la famille Madilu System s’invite dans le débat autour de Fally Ipupa

Kinshasa — Le débat autour de l’utilisation et de la reprise des œuvres des grandes figures de la musique congolaise prend une nouvelle tournure. Après les différentes réactions attribuées aux familles de Josky Kiambukuta et de Koffi Olomidé, c’est désormais l’entourage familial de Madilu System qui est évoqué dans cette question, avec en toile de fond la manière dont les artistes de la nouvelle génération sollicitent — ou non — l’accord des ayants droit avant de revisiter certaines œuvres.

Récemment, Alain Madilu, neveu du regretté chanteur, a publiquement mis en avant l’attitude de Ferre Gola, notamment dans sa démarche auprès de la famille avant d’interpréter ou de revisiter des œuvres associées à Madilu System et à Carlyto Lassa.

Selon les éléments rapportés, Ferre Gola aurait personnellement pris contact avec la grand-mère de la famille afin de solliciter son accord. Une démarche que cette dernière aurait appréciée, en y voyant un geste de respect envers la mémoire des anciens de la musique congolaise. Elle lui aurait ensuite accordé sa bénédiction pour la poursuite de sa carrière.

Madilu System et la chanson « Jaloux » : le cas Fally Ipupa

Cette démarche est mise en contraste avec le cas de Fally Ipupa autour de la chanson « Jaloux », dans laquelle est repris un vocal attribué à Madilu System.

D’après les propos rapportés du côté de la famille, Fally Ipupa aurait bien pris contact avec celle-ci à un moment donné, mais la promesse d’un appel ou d’une rencontre avec la mère du défunt Madilu n’aurait, selon cette version, pas été concrétisée.

Il convient toutefois de distinguer les déclarations familiales des éléments juridiquement établis : le fait qu’un artiste utilise un extrait vocal ou revisite une œuvre ne permet pas, à lui seul, de conclure à une violation des droits des ayants droit. La question dépend notamment des droits concernés, des autorisations éventuellement accordées et des contrats existants.

Le véritable casse-tête : qui représente réellement les héritiers ?

Au-delà du cas particulier de Fally Ipupa, cette nouvelle polémique soulève une question plus large qui revient régulièrement dans l’industrie musicale congolaise : à qui faut-il réellement demander l’autorisation lorsqu’un artiste disparu laisse derrière lui une famille nombreuse ?

C’est probablement l’un des aspects les plus complexes de ces dossiers. Entre la famille biologique, les enfants du défunt, les héritiers désignés, les éventuels mandataires, les structures de gestion collective des droits et les personnes qui revendiquent une qualité d’ayant droit, l’artiste qui souhaite exploiter une œuvre ancienne peut se retrouver face à plusieurs interlocuteurs.

Et lorsque les héritiers eux-mêmes entretiennent des désaccords, la situation peut rapidement devenir encore plus compliquée.

C’est précisément là que se pose la question de la sécurisation juridique des reprises musicales : l’artiste doit-il obtenir l’accord de toute la famille ou de la personne légalement habilitée à représenter les droits du défunt ?

Une polémique qui dépasse finalement Fally Ipupa

L’affaire Madilu System ne devrait donc pas être réduite à une opposition entre Fally Ipupa et une famille. Elle met surtout en lumière une difficulté structurelle de la musique congolaise : la transmission, la gestion et la protection du patrimoine musical laissé par les artistes disparus.

La démarche attribuée à Ferre Gola auprès de la famille Madilu est aujourd’hui présentée comme un exemple de courtoisie et de respect de la mémoire des anciens. Du côté de Fally Ipupa, les critiques rapportées portent davantage sur la manière dont les contacts avec la famille auraient été suivis — ou non — d’une rencontre.

Reste une question essentielle : dans une famille composée de plusieurs héritiers, parfois divisés, qui détient réellement le pouvoir de donner une autorisation valable pour l’exploitation d’une œuvre ?

C’est peut-être sur ce terrain, plus juridique que musical, que se trouve la véritable réponse à ces polémiques qui se multiplient autour des œuvres des grandes figures de la rumba congolaise.

Rédaction

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