Kinshasa, 3 septembre 2026 – La Société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (SOCODA) veut donner une nouvelle impulsion à ses relations internationales. Ce jeudi 3 septembre, une rencontre s’est tenue au siège de la SOCODA, à Kinshasa, entre le président du Conseil d’administration, l’artiste Blaise Bula, et le représentant de CAPASSO (Composers, Authors and Publishers Association), société sud-africaine spécialisée dans la gestion et la licence des droits musicaux.

Au centre des échanges : la signature d’un protocole d’accord entre les deux sociétés, présentées comme des structures sœurs dans le domaine de la gestion collective des droits des créateurs.
Une coopération tournée vers les droits des artistes
Basée à Johannesburg, CAPASSO est une agence spécialisée notamment dans la gestion des droits mécaniques, ainsi que dans la collecte et la distribution des redevances aux auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Elle est membre de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC) depuis 2017.

Les droits mécaniques concernent notamment la reproduction ou la transposition d’une œuvre musicale sur différents supports et formats. CAPASSO indique également proposer des services de licences musicales et de distribution de royalties.
C’est dans cette perspective que la coopération avec la SOCODA pourrait ouvrir des possibilités nouvelles pour les créateurs congolais, notamment en matière de traçabilité des œuvres, de circulation des répertoires, de licences et de récupération des droits générés par l’utilisation des œuvres musicales au-delà des frontières.
Une rencontre qui intervient dans un contexte particulier
Cette initiative intervient alors que la SOCODA sort d’une longue période de turbulences institutionnelles marquée par un bicéphalisme et des contestations autour de sa gouvernance.

La presse congolaise a encore fait état, en août 2026, de deux camps revendiquant la légitimité à la tête de la structure, avec d’un côté le camp de Blaise Bula et de l’autre celui de Jossart Nyoka Longo.
Le dossier a également connu des développements judiciaires en 2026. Une publication d’Opinion-Info rapportait notamment, en août, l’intervention du Parquet général près la Cour de cassation concernant l’organisation d’une conférence de presse de Blaise Bula, en référence à plusieurs décisions judiciaires relatives à la gouvernance de la SOCODA.
Dans ce contexte, la réception d’un représentant d’une organisation internationale du secteur peut être perçue comme un signal en faveur d’une reprise des activités de coopération et d’ouverture de la SOCODA vers ses homologues étrangers.

Blaise Bula mise sur les partenariats internationaux
Élu président du Conseil d’administration de la SOCODA à l’issue de l’assemblée générale du 9 février 2023, Blaise Bula avait alors affiché son ambition de faire fonctionner autrement la société de gestion collective et de permettre aux ayants droit de bénéficier davantage de leurs créations.
Trois ans plus tard, la signature annoncée avec CAPASSO s’inscrit dans cette volonté de renforcer les relations avec les sociétés étrangères de gestion des droits.
Pour la partie congolaise, l’enjeu dépasse ainsi le simple cadre protocolaire. Il s’agit de rapprocher la SOCODA des standards internationaux en matière de gestion collective, d’identification des œuvres, de collecte des redevances et de redistribution aux ayants droit.
CAPASSO dispose à ce titre d’une expérience particulière dans la gestion des droits mécaniques et travaille avec des auteurs et éditeurs de musique. L’organisation revendique également une importante base de membres en Afrique du Sud.
Quel impact pour les artistes congolais ?
La question centrale sera désormais de savoir ce que ce protocole d’accord produira concrètement pour les artistes, auteurs, compositeurs et éditeurs congolais.

Une coopération efficace pourrait notamment permettre de mieux identifier les œuvres congolaises utilisées sur le marché sud-africain et, inversement, de faciliter la gestion des répertoires sud-africains exploités en RDC.
Elle pourrait également contribuer à renforcer les mécanismes de perception et de redistribution des droits, un secteur qui demeure au cœur des préoccupations des créateurs congolais.
La rencontre du 3 septembre apparaît donc comme une étape importante pour une SOCODA qui cherche à tourner la page des querelles institutionnelles et à replacer la défense des droits des créateurs au centre de son action.

Mais au-delà des protocoles et des cérémonies, le véritable test sera désormais celui de leur mise en œuvre : combien de droits seront effectivement récupérés, pour quels artistes et avec quelle transparence dans leur redistribution ?
C’est sur ces résultats que les créateurs congolais pourront véritablement juger de la portée de cette nouvelle coopération avec CAPASSO.
Splendide Nsamba