Biographie Edouard Katiti Masengo

né en 1933 à Kafubu, district du Haut-Katanga , République démocratique du Congo – il est décédé le 27 mars 2003. Il était un guitariste congolais.

fait ses classes primaires au collège Saint Boniface à Lubumbashi, à la suite desquelles il entame ses études secondaire qui tournent court au terme de deux années scolaires. Il est d’entre ceux dont la nature  a fait des disciples d’Apollon, ceux qui ont le pouvoir de générer et d’émettre ces mélodies ainsi que toutes les harmonies, les douceurs, les réparations…qui marchent avec elles. Il est en voix depuis tout jeune.  Sa belle voix le fait repérer, admirer et intégrer la  chorale de la paroisse de son école.

En 1946, de retour des vacances, il ramène de Kabondo dianda une guitare. C’est son beau-frère, l’époux de sa grande sœur ainée, qui la lui offre en cadeau. Cette guitare sera déterminante. Très vite, il peut chanter et s’accompagner. Le jeune homme chante à ravir et s’arrache une célébrité de recoin. A chacune de prestation publique, Masengo est un carrefour des curiosités. Fort d’admiration et du pouvoir d’attrouper, il se fait lorgner par les vendeuses de Kibuku, un alcool local. Ces dernières l’invitent à chanter à leur lieu de vente. Le dévouement pour les services cultuels, de celui qui était garçon de chœur, faisaient place à la passion de réussir une carrière dans le cœur de ce jeune homme acharné à s’inventer une gloire. A mesure qu’il définit sa route, il s’éloigne de la chorale. Cette obstination pour ses nouvelles ambitions va l’arracher peu à peu à l’environnement religieux.

En 1945, Edouard Masengo s’associe avec des amis et fonde un orchestre qu’il baptise, l’année d’après, 1947, Jecoke. L’acronyme est taillé sur la contraction de l’appellation « jeunes comiques de la commune Kenya. C’est au sein de ce groupe, avec Romain Nkulu, Joseph Mugombo, Antoine Kabeya et Bernard Mwale, qu’Edouard Masengo inventera son mythe. 

En compagnie de son cousin, Jean Bosco Mwenda dont il fut le complice musical et de Losta Abelo, promoteur du style. Il s’est notamment produit avec Louis Armstrong et Harry Belafonte dans les années 60. Il a laissé le souvenir d’une interprétation marquante du titre kenyan « Malaïka ». ”

En 1950, Edouard Masengo contribue à la création de Jecoke, une troupe comique de jeunes kenyans. La troupe Jecoke fait une tournée triomphale au Kenya, en Ouganda, au Congo Brazzaville, et au Cameroun, popularisant un style de danse , le kalinchelincheli. En 1956, la troupe triomphe à un concours organisé à Léopoldville devant des artistes locaux tels que Wendo Kolosoy, Grand Kalle et Franco. La veille de l’indépendance du futur Zaïre, , Masengo décidé d’aller à Nairobi, au Kenya, où il participe à plusieurs productions avec des grandes stars comme Miriam Makeba. Il connait bientôt une renommée internationale et rencontre à Kingston, en Jamaïque Harry Belafonte avec qui il chante en duo certaines de ses compositions.

Cette notoriété lui permet d’obtenir des contrats publicitaires avec Coca-Cola, Ford et Shell. Cependant, Edouard Masengo continue cependant de faire la promotion des musiques du Katanga et se produit avec Losta Abelo et son cousin Mwenda wa Bayeke (Jean-Bosco Mwenda).

En 1972, il décide de retourner à Lubumbashi, mais Edouard Masengo n’était plus que souvenir. La bataille pour le retour  imposait plus qu’il ne pouvait ; une bataille qui lui échappera jusqu’au bout. Le Nganda, espace privilégié de production de son temps, n’était plus. Le public aussi avait changé, autant dans ses goûts que dans ses possibilités. Le Katanga paternaliste adossé sur le travail industriel s’essoufflait. il meurt dans la pauvreté le 27 Mars 2003.

Son influence musicale vit dans des artistes comme Watoto Wawili, Kabwebu Kitambala, Victorina, Ndoa, Bibi-Thérèse, Jadotville, et bien d’autres.

Malgré son succès et sa réputation, Edouard Masengo n’a jamais enregistré ses oeuvres, Par chance, à l’occasion de l’un de ses derniers concerts à Lubumbashi, en décembre 2002, un enregistrement a été réalisé à l’initiative du centre Wallonie-Bruxelles, et a fait l’objet d’un CD sorti l’année suivante.

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