« C’est une arnaque ! » : La véritable Marie-Louise de Wendo sort du silence et démonte la supercherie de Kintambo

Marie Louise immortalisée par Wendo affirme que l’histoire de la dame décédée à Kintambo est une arnaque.

La dame de 107 ans décédée le 21 juillet dernier dans un home de vieillards de la commune de Kintambo, à Kinshasa, n’est pas la personne chantée par Antoine Wendo Kolosoy, un des pionniers de la rumba en République démocratique du Congo, et n’a aucun lien de parenté avec le guitariste Henri Bowane, a déclaré le samedi 8 août Mme Marie-Louise Amba Ifota au cours d’un entretien – en lingala – avec deux journalistes bruxellois à son domicile à Athus, une localité du « pays d’Arlon », en Belgique.

« Pourquoi les gens sont devenus comme ça, mentir pour de l’argent ? Je ne connais pas cette femme et elle ne me connaît pas. Nous ne nous connaissons pas », a affirmé celle qui est la petite sœur d’Henri Bowane wa Mayani et que Wendo a immortalisée dans sa célèbre chanson « Marie-Louise », composée en 1948 à Coquilathville, actuelle Mbandaka.

En effet, le samedi 1er août, le ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale a annoncé, dans un communiqué, « le décès le 21 juillet dernier à l’âge de 107 ans de Mme Marie Louise Ilomba Ekanga », que la source présente comme « la muse et la bien-aimée de l’artiste musicien Wendo Kolosoy et aussi la sœur du guitariste Henri Bowane ».

Le 4 août dernier, un membre de la famille de « la vraie muse » et journaliste de son état, a réagi dans un article publié sur le site « Congoindependant.com », estimant que l’histoire de la dame décédée à Kinshasa n’est ni plus ni moins qu’une « imposture ». 

Le journaliste Baudouin Amba Wetshi, résidant en Belgique, a précisé que « la Marie Louise » immortalisée en 1948 par le chanteur Antoine Wendo en hommage à la sœur de son ami Henri Bowane, est bien vivante et réside en Belgique, où elle est arrivée en août 2019 et a obtenu un permis de séjour humanitaire pour raisons de santé.

C’est à la suite de cette controverse que deux journalistes de les deux journalistes, Cornelis Nlandu Tsasa et Roger Mazanza, se sont rendus à Athus, à l’extrême-sud de la Belgique dans la province de Luxembourg, à plus de 207 km de Bruxelles, en vue de rencontrer celle qui est présentée comme la véritable muse du célèbre artiste congolais.

 

Mme Amba Ifota dit ne pas savoir comment le batelier Wendo et Henri Bowane, chauffeur chez un sujet portugais à Coquilathville et guitariste à ses heures perdues, se sont rencontrés. Elle explique qu’« au cours de ses déplacements en tant que batelier à l’Office de transport au Congo (Otraco), Wendo venait souvent rendre visite à son ami et guitariste Henri Bowane au domicile familial à Coquilhatville. « C’est bien moi Marie Louise Ifota, la petite-sœur de Bowane, qui rendais service chaque fois qu’ils exprimaient un certain besoin. Et en reconnaissance, Wendo a eu l’idée de composer cette chanson mythique ».

Mme Amba Ifota, âgée aujourd’hui de 95 ans, a été enseignante à l’école des Sœurs dans la grande ville de la province de l’Équateur. « Je donnais mes cours en lingala », a-t-elle précisé.

Au début des années 1960, « quand Tshombe est arrivé au pouvoir » (1964-1965, NDLR), Mme Amba Ifota a accompagné à Léopoldville (Kinshasa) son mari, Jean Lonkita, agent de l’Otraco, aujourd’hui Onatra. Ils ont habité sur l’avenue Maluku n° D43 au Camp Olsen de l’Otraco, dans la commune de Barumbu. Par ailleurs, le journaliste Baudouin Amba Wetshi de Congoindependant.com est bien son fils biologique.

Jean Cornelis Nlandu

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